Précarité menstruelle : des solutions et des alternatives pour briser les tabous !

1,7 million de personnes en France. C’est le nombre de jeunes touchés par la précarité menstruelle. En 2021, le gouvernement a alloué un budget de 5 M€ pour soutenir le combat des associations pour l’accès aux protections périodiques. Et vient d’annoncer la mise à disposition gratuite des protections dans les CROUS et campus dès la rentrée prochaine. Preuve que la prise de conscience s’opère ! YEP’S fait le point sur ce sujet essentiel.

 

La précarité menstruelle, c’est quoi ?

 

Sous ce terme de précarité menstruelle se cache une triste réalité : le manque de ressources financières pour acheter des protections périodiques et des produits d’hygiène pendant les règles.

Selon une enquête de la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE), l’Association Nationale des Etudiant.e.s Sages-Femmes (ANESF) et l’Association Fédérative des Etudiant.e.s Picto-charentais.e.s (AFEP), cette précarité menstruelle conduit :

  • 1 étudiant(e) menstrué(e) sur 10 à fabriquer ses protections,
  • 1 étudiant(e) menstrué(e) sur 20 à utiliser du papier toilette,
  • 13 % des étudiant(e)s à devoir choisir entre l’achat de protections ou d’un autre produit de première nécessité.

Les jeunes et les personnes précaires, des populations à faibles ressources, sont particulièrement exposés à cette forme de précarité car ils n’ont tout simplement pas les moyens de dépenser entre 5€ et 10€/mois pour acheter des protections.

Les conséquences de la précarité menstruelle, tant sur le plan physique que psychologique, peuvent être graves :

  • des démangeaisons, des infections voire des chocs toxiques pouvant causer la mort… dus à une trop longue utilisation des tampons ou des coupes menstruelles,
  • un sentiment de mal-être profond, une perte de confiance, un repli sur soi, des difficultés de socialisation…

Il peut aussi y avoir des répercussions sur la scolarité puisque certain(e)s lycéen(ne)s et étudiant(e)s sont obligé(e)s de sécher les cours pendant leurs règles, faute d’avoir accès à des protections périodiques.

 

Un sujet enfin au cœur de l’actualité

 

Si les règles et la précarité menstruelle ont longtemps été taboues, le changement s’amorce. Pour lutter contre les diktats, casser les idées reçues et parler sans gêne des menstruations, des influenceuses comme Shera Kerienski (nouvelle fenêtre) et MyBetterSelf (nouvelle fenêtre) prennent la parole sur les réseaux sociaux.

Les médias s’emparent aussi du sujet en rédigeant des articles et en diffusant des séries et reportages. Vous pouvez d’ailleurs visionner l’épisode « Cachez ce sang » (nouvelle fenêtre) de la web série « Libres » sur Arte ou les épisodes de « Des filles et des règles » (nouvelle fenêtre) sur TV5 Monde.

La prise de conscience sur l’urgence d’agir contre la précarité menstruelle s’opère également du côté des pouvoirs publics (budget de 5 M€ alloué en 2021).

 

Des actions multiples face à un enjeu de société et de santé publique

 

Des associations, notamment Règles Élémentaires (nouvelle fenêtre) et la FAGE à travers le réseau des épiceries sociales et solidaires AGORAé, luttent contre la précarité menstruelle avec des actions sur le terrain. Ces structures collectent puis redistribuent aux étudiant(e)s des protections périodiques. En 2020, Règles Elémentaires a distribué plus de 120 000 produits à des étudiant(e)s dans le besoin.

Les lycées et les universités se mobilisent également. En partenariat avec les associations, les établissements organisent des distributions de produits ou installent des distributeurs de protections en libre-service. En septembre dernier, une expérimentation a été menée en Ile-de-France où une trentaine de lycées ont été équipés de distributeurs gratuits de protections menstruelles.

Les initiatives se multiplient donc pour favoriser l’accès aux produits de protection. La France ira peut-être jusqu’à suivre un jour l’exemple de l’Ecosse (nouvelle fenêtre). Dans ce pays, le Parlement a voté en novembre dernier l’accès gratuit aux protections périodiques. Une première mondiale !

 

Des alternatives plus économiques et plus écologiques

 

Si les serviettes et tampons périodiques à usage unique sont les protections les plus utilisées, il existe des alternatives plus économiques et plus écologiques.

Les culottes menstruelles (nouvelle fenêtre), à 30€ en moyenne, et les coupes menstruelles (nouvelle fenêtre), (ou Cup) à 24€ en moyenne, coûtent plus cher à l’achat que des protections jetables, mais offrent plusieurs avantages. Ces produits ont une durée de vie plus longue, sont plus respectueux de l’environnement et moins nocifs que des produits à usage unique dont la composition reste souvent floue.

L’obligation d’afficher la composition des protections et la révision des normes sanitaires avec l’interdiction des produits nocifs font d’ailleurs partie des revendications de la FAGE.

 

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