Jeunesse et Covid : portraits de jeunes

Au printemps dernier, des membres du CRJ sont allés à la rencontre (virtuelle) de jeunes résident.e.s du réseau Habitat Jeunes CVL (Foyers de Jeunes Travailleurs). L’objectif : créer du lien et porter la parole de la jeunesse.
Découvrez comment Anaïs, Florian et Baptiste ont vécu l’avant et l’après confinement et ce qu’ils en retiennent pour leur avenir !

 

Portrait d’Anaïs

 

Anaïs, 25 ans, au chômage, résidente à La Châtre

 

L’AVANT CONFINEMENT : comment était ton quotidien ?

« J’ai donc été confinée 2 mois à la campagne chez mes parents qui avaient besoin d’aide car ils sont des personnes à risques ! C’est moi qui avais la responsabilité de faire les courses et d’aller en ville au besoin.


Habituellement nous avons au moins une activité sportive par semaine au sein du FJT (Foyer jeunes Travailleurs) comme le badminton que nous pratiquons en gymnase mais qui a été stoppé à cause du virus. Avec mes voisins nous avons dû nous parler via les réseaux afin d’éviter tout contact physique.

 

PENDANT LE CONFINEMENT (1er confinement – Mars 2020) : comment s’est passé ton confinement ?

C’est vrai que cela peut être compliqué la relation parent/enfant lorsque nous sommes habituellement indépendants. Cohabiter n’était pas facile tous les jours !


J’ai assez paniqué, quand on voit tout ce qu’il y a à la télévision ! j’avoue que sur certains points je trouve que le gouvernement n’a pas géré la situation comme il fallait comme par exemple le 1er tour des élections qui, à mon sens, aurait dû être reporté. Il y a également le cas des masques qui ont d’abord été annoncé comme inutiles et qui sont maintenant obligatoires. Je regardais vraiment de moins en moins les informations même s’il est important de se tenir informé de l’actualité, il est arrivé que ça me casse le moral !

 

L’APRES CONFINEMENT : Ce que tu as hâte de reprendre/commencer/, ce que tu songes à arrêter, as-tu une nouvelle vision des choses ?)

J’ai remarqué que nous avons pris conscience de l’importance des liens familiaux, enfin dans mon cas bien sûr ! Malgré la distance qui a été compliquée, je trouve que cette situation inédite les a même renforcés !


J’avais vraiment hâte de revoir ma filleule, mes voisins et mes ami.es du FJT ! Revivre ! J’ai attendu deux semaines afin de m’assurer que mes parents pouvaient se débrouiller seuls et je suis rentrée chez moi et ai repris ma routine !

On a vu un élan de solidarité incroyable durant le confinement et j’ai peur que celui-ci disparaisse, ce qui m’attristerait, car on a tous été dans le même cas, il ne faut pas se rejeter entre nous ! tout le monde a besoin de soutien. J’ai vraiment constaté que les plus démunis sont vraiment délaissés.


Je suis très maladroite avec mes mains, je me suis mise à pratiquer des activités manuelles telles que des tableaux avec des perles, c’est vrai que cela m’a aidé pour mon agilité mais surtout cela m’a fait passer le temps et m’a détendu même si ça ne fonctionne pas tous les jours !

 

Que retiens-tu de cette expérience ? 

Nous avons besoin de nos proches ! Cette crise a personnellement renforcé mes liens avec mon entourage ! »

 

Portrait de Baptiste

 

Baptiste, en formation CAP tailleur de pierre, résident à La Châtre.

 

PENDANT LE CONFINEMENT (1er confinement – Mars 2020) : qu’est-ce qui t’a surpris ? qu’est-ce qui a impacté ton quotidien ?

Le silence qui régnait dans la ville pendant le confinement c’était assez triste, puis au bout d’un moment on s’est aperçu que chacun faisait la fête chez soi. C’était pesant.
Je profitais des soirées entre amis et profitais avec eux. Et juste à cause d’un petit truc, on ne peut plus se voir, donc j’ai appris à profiter avec eux à distance.

 

L’APRES CONFINEMENT : Ce que tu as hâte de reprendre/commencer/, ce que tu songes à arrêter, as-tu une nouvelle vision des choses ?

Revoir mes amis le plus rapidement possible sans respecter les distanciations sociales car je suis resté qu’avec mes parents et je compte partir faire de la voile, sport que je pratique depuis tout petit.


On n’a pas besoin des choses non essentielles (ex Amazon dont on a pu se passer pendant le confinement) et c’est pendant le confinement qu’on se rend compte des choses non essentielles.

 

Une pépite / un râteau sur cette période de confinement

J’étais avec mon frère. Les deux personnes qui applaudissaient les plus forts dans le quartier, c’était nous, car notre mère est infirmière.

 

Portrait de Florian

 

Florian, 28 ans, résident à La Châtre depuis un an, travaille dans la restauration.

 

L’AVANT CONFINEMENT : comment était ton avant confinement ? (Activités quotidiennes liées à ton statut, loisirs personnel…)

Avant le confinement, j’avais une routine quotidienne – je travaillais normalement, tout en faisant du sport. J’avais plusieurs entrainements notamment de la course à pied. J’entretenais également le jardin de la résidence et je m’occupais en voyant des amis. Tout se passait bien même si du côté de ma vie personnelle j’étais en pleine reconstruction à la suite du suicide de mon père. Le confinement a été dur car je n’ai pas pu voir mes proches. Maintenant, j’essaie de reprendre goût à la vie, ce qui n’était pas facile avant.

 

PENDANT LE CONFINEMENT (1er confinement – Mars 2020) : comment s’est passé ton confinement ?

C’est vrai que dans ce contexte c’était assez bizarre au début, je n’y croyais pas trop. Ces règles de confinement me paraissaient assez burlesques, je ne comprenais pas et il m’arrivait d’avoir des sauts d’humeurs. J’avais vraiment hâte que cela se termine car avec ma situation et la perte de mon père, mon travail m’aidait à reprendre goût à la vie.  


Le confinement et surtout les nouvelles mesures sanitaires ont quand même bien affecté mon quotidien. J’étais déjà très rigoureux en matière d’hygiène mais là, le lavage des mains était systématique. Il y a aussi le port du masque dès que je sors, ce sont des nouvelles habitudes auxquelles j’ai dû m’adapter. J’avais un peu plus de stress à bien faire les choses pour ne pas être touché et j’étais devenu assez perfectionniste !


Au FJT, mes amis ont eu l’occasion d’aller voir leurs proches. Malheureusement, moi, je ne pouvais pas car ils sont en Champagne Ardenne ce qui n’est pas la porte à côté ! Cependant, j’ai pu échanger avec ma famille et amis via les réseaux, finalement le confinement a renforcé nos liens même si de base je privilégie les conversations en face à face ! C’est même devenu une habitude pour garder du lien et pour essayer de passer le temps !

 

L’APRES CONFINEMENT : Ce que tu as hâte de reprendre/commencer/, ce que tu songes à arrêter, as-tu une nouvelle vision des choses ?

J’avais hâte de reprendre le sport qui pour moi était primordial. Dès le déconfinement, je me suis directement remis à courir dehors, à revoir mes amis.

Au niveau de la société, le modèle d’avant confinement est pour moi à transformer. Les règles de distanciation ont été efficaces et, en grande partie, respectées et j’aimerai conserver cela même en temps « normal » et s’il y a une deuxième vague. Hormis cela, il faudrait inciter les gens à arrêter d’acheter des produits inutiles et non durables, stopper cette consommation de masse ! Quant à l’alimentation, je trouve qu’il y a une amélioration et qu’on mange mieux : local, fait maison et moins de plats en boîtes ou de choses pas saines, je remarque qu’il y a moins de gens au restaurant et qu’ils préfèrent se retrouver en famille à la maison. Il y a aussi le contexte climatique, tout entre en compte pour le climat ! Lors du confinement il y avait moins d’avions, de voitures… On se sentait vivre en quelque sorte !

 

Que retiens-tu de cette expérience ? 

A la rentrée prochaine, de l’envie, de l’ambition et du courage il en faudra aux jeunes étudiants ! Prenez soin de vous, de votre hygiène de vie, cela n’est peut-être pas facile mais il faut essayer de s’imposer des changements si nécessaire !

 

Centre-Val de Loire URHAJ - habitats jeunesCRJ : les jeunes en action - Conseil régional de la jeunesse

 

Interviews réalisées en mars 2020 par Nathanaëlle DJERRAT-LEVY et Missa KANTE - membres du CRJ. Action coordonnée par Wettya BALOU (RCVL).

En partenariat avec l’URHAJ Centre-Val de Loire : Caroline AUGER, Andréa CHERON, Laure-DAVIOT-BEN MUSTAPHA.

Suivre l’actualité du CRJ : @CRJCentreVDL

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