Culture
Prix YEP’S du concours de critiques cinéma région Centre-Val de Loire

Prix YEP’S du concours de critiques cinéma région Centre-Val de Loire

YEPS Créé par YEP’S

Chaque année, à l’automne, l’Association des Cinémas du Centre (ACC) organise, à l’attention des 15 à 25 ans, un concours de critiques cinéma (nouvelle fenêtre).

Ainsi, jusqu’au 20 octobre, les jeunes résidant en région Centre-Val de Loire étaient invités à écrire une critique de 400 à 600 mots sur un film parmi une sélection proposée par l’ACC.

Un jury a délibéré pour sélectionner les meilleures critiques et décerner quatre prix : le Grand Prix du jury, le Coup de coeur, un prix Mention spéciale et le prix YEP’S.

L’équipe YEP’S a été conquise par la critique écrite par une jeune lycéenne, Roshin Le Gall Rousset, et lui a décerné le prix YEP’S. 

Nous avons le plaisir de vous partager sa critique. Bonne lecture !

 

« Y’A UN HIC »

Yannick est un film réalisé par Quentin Dupieux. En tête d’affiche, dans le rôle de Yannick qui a été écrit pour Raphaël Quenard nouveau visage à succès du cinéma français, il y a aussi Pio Marmaï, Blanche Gardin et Sébastien Chassagne. Durant 1h07 de film on peut reconnaître la signature si particulière de Quentin Dupieux, comédie décalée que personne d’autre n’ose faire, lui ose.

Il réussit à nous plonger dans son univers. Un huit clos dans un théâtre, un spectateur prénommé Yannick interrompt la pièce. Il fait part de ce qu’elle lui fait ressentir, de là commence « un argumentaire » sur le fait que la pièce est médiocre et qu’il pourrait, lui, en écrire une meilleure.

Tout cela à travers une subtile critique de certains sujets sociétaux, l’art, le monde du travail…

Dès le début, dans la salle on est comme le personnage de Yannick, spectateur d’une pièce médiocre, un surjeu des comédiens, une histoire ennuyante et mal écrite, comme une mauvaise comédie de boulevard.

Pourtant à la place de Yannick, auriez-vous osé interrompre une pièce qui vous fait vous sentir mal ?

Lui l’a fait, il l’a fait avec une telle spontanéité que cela en devenait comique. Tant d’émotion dans un dialogue. On rit, on sourit, on est étonné, voire scandalisé…

Mais comment parler de ce film sans parler du personnage qui le porte. Il serait bien subjectif de présenter Yannick comme un personnage singulier, pourtant, attachiant, culotté mais à la fois honnête et sarcastique, il critique la pièce, les comédiens, et même les spectateurs, ce qui le rend très drôle.

C’est un personnage qui nous surprend tout au long du film. On retrouve en lui une frustration mêlée de colère probablement liée à son histoire, sa vie personnelle, un besoin de nouer un contact humain dans la salle avec les gens autour de lui.

Puis il va sortir et revenir dans la salle. C’est un moment clef qui fait basculer les spectateurs et nous même dans la position de victime d’une séquestration… Yannick détient une arme. Et là précisément l’ambiance change, au lieu de le mépriser, ils l’écoutent. Il est tour à tour spectateur et comédien car après avoir flingué la pièce, il anime de nouveau la scène et ses comédiens, finalement une tout autre pièce se joue devant nous, qui je trouve, est la meilleure des trois car il finit par mettre en scène une pièce improvisée.

Le regard de Yannick, la satisfaction, cette fierté de voir son projet se réaliser amène une vague émotionnelle au film et le clôture sur une note touchante pour nous, spectateurs. Yannick enfin se tait et observe. A ce moment-là, il n’est plus le fanfaron contestataire qu’il était 1h plus tôt, mais une personne qui a finalement passé une bonne soirée.

Raphaël Quenard arrive par son regard à nous transpercer la poitrine d’empathie pour lui dans cette mise en abîme où l’on se retrouve à la fois spectateur d’un film mais aussi d’une pièce, assis dans une salle de théâtre.

Quentin Dupieux a choisi de nous laisser imaginer la fin. Yannick a-t-il eu tort ou raison ?

On peut tout se permettre… dans une fiction.