Fake News, IA : comment démêler le vrai du faux ?
Cette photo est-elle réelle ? Ce tweet dit-il vrai ? Aujourd’hui, avec l’IA, une fausse info peut faire le tour du monde en quelques minutes et paraître totalement crédible.
Du 7 au 11 avril dernier, les 19ème Assises du Journalisme se sont installées à Tours. C’est le grand rendez-vous pour parler du rapport entre le public et les médias, mais surtout d’un sujet qui nous concerne tous : l’éducation à l’information. À l’heure où l’intelligence artificielle permet de créer des contenus trompeurs en un clic, les fake news se confondent de plus en plus avec la réalité. Pourquoi est-il devenu si difficile de s’informer correctement ? Et comment garder un regard critique sur ce que l’on voit passer sur nos écrans ? On fait le point sur les bons réflexes à adopter.
L’avis de l’experte : Marie-Laure Augry
La multiplication des sources d’informations est une chance. Elle permet de ne plus dépendre d’un seul canal, d’accéder à des points de vue variés et de donner la parole à celles et ceux que l’on n’entend pas forcément dans les médias traditionnels. Mais elle impose une vigilance de tous les instants : dans ce flux continu, la qualité de l’info est inégale. Entre les contenus sponsorisés, les opinions déguisées en faits et les images générées par IA, il devient difficile de distinguer le travail de vérification journalistique du simple « buzz » viral.
La Région a interrogé Marie-Laure Augry, journaliste, vice-présidente de l’association Journalisme & Citoyenneté et figure importante de l’éducation aux médias. Elle nous alerte sur les mécanismes qui régissent nos écrans :
“Les citoyens s’informent de plus en plus par eux-mêmes, notamment via les réseaux sociaux. Mais ces plateformes sont une jungle, et on sait par ailleurs que les algorithmes vont avoir tendance à enfermer l’internaute dans “sa” vérité, en fonction de ses centres d’intérêt. En connaissant tous ces éléments, il faut essayer d’avoir les bons réflexes.”
L’un des principaux dangers est la bulle de filtres : l’algorithme te propose uniquement ce que tu aimes déjà, renforçant tes propres préjugés. Pour briser ce cercle vicieux, il est essentiel de multiplier ses sources. Marie-Laure Augry souligne aussi que personne n’est épargné, contrairement aux idées reçues :
« [… ] l’éducation aux médias est importante tout au long de la vie, chez les enfants pour leur donner les bonnes pratiques, mais aussi chez les personnes âgées qui relaient davantage de fake news que les jeunes. »
Quelques conseils pour traquer le mensonge
– Vérifie et multiplie toujours tes sources : Qui publie l’info ? S’agit-il d’un média reconnu, d’un compte parodique ou d’un utilisateur inconnu ?
– Traque les anomalies de l’IA : Regarde les détails, comme un nombre de doigts incohérent, des textures de peau trop lisses, des écritures floues en arrière-plan ou des reflets bizarres dans les yeux.
– Croise les informations : Si une info est énorme mais qu’aucun autre média sérieux n’en parle, c’est probablement une fake news.
– Écoute tes émotions : Les fake news sont conçues pour provoquer la colère, la peur ou l’indignation. Si un contenu te fait réagir de manière épidermique, c’est le signal qu’il faut faire une pause et vérifier avant de diffuser.
Le mot d’ordre : Garde ton esprit critique activé !
Tu veux devenir détective de la fake news et apprendre à t’informer de manière éclairée ?
Tu peux consulter ces ressources :
- Notre article Fake news et Deepfakes : comment les reconnaître (nouvelle fenêtre)?
- Factuel (nouvelle fenêtre), l’outil de fact-checking de l’AFP (agence France Presse, qui fournit l’info vérifiée et neutre aux médias), à checker régulièrement.
- Une vidéo du gouvernement EN FINIR AVEC LES FAKE NEWS (nouvelle fenêtre) !
- Une vidéo d’ARTE Désinformation : une guerre du XXIe siècle (nouvelle fenêtre)